Mon année Erasmus au Danemark : « On grandit tous après une expérience comme celle-là »

Partie un an à Roskilde près de Copenhague, Jeanne (21 ans), étudiante à Sciences Po Lille raconte son expérience Erasmus, une parenthèse attendue dans une scolarité intense.

Année Erasmus Danemark Sciences Po Lille

Pourquoi es-tu partie ?

« À Sciences Po, nous avons deux années générales puis deux années de master, mais entre les deux, nous sommes obligés de partir une année à l’étranger. J’ai dû faire cinq vœux en février 2016, le choix de la destination s’effectue en fonction des notes de chaque étudiant. Le premier choisit ce qu’il veut et ainsi de suite. »

Pourquoi le Danemark ?

« J’avais mis que des vœux en Scandinavie parce que c’était un mode de vie qui m’intriguait. J’en avais déjà beaucoup entendu parler, j’avais envie de voir ce que ça donnait au quotidien. J’avais également entendu dire que le système d’enseignement était différent du notre en France. J’étais attirée par ces pays. Je suis déjà allée dans des pays méditerranéens comme l’Espagne par exemple, j’avais vraiment envie de découvrir un pays nouveau. J’ai fait deux vœux en Suède, un en Norvège et deux au Danemark. J’ai eu le quatrième vœu, à Roskilde, à 30 minutes de train de Copenhague. C’est l’ancienne capitale du Danemark. »

Comment étaient tes derniers jours avant le départ ?

« On est content, on a hâte d’autant plus que c’est un voyage que l’on prépare depuis notre arrivée à Sciences Po. Il y a aussi de l’angoisse, on sait qu’on va arriver et être toute seule dans un pays, on ne connaît personne, il faut s’installer et tout recommencer sa vie sociale. »

Peux-tu nous raconter ton arrivée sur place ?

« Je suis arrivée mi-août, une dizaine de jours avant la pré-rentrée, presque un peu trop en avance. Pour le coup j’étais vraiment toute seule, il n’y avait aucun étudiant. Au tout début quand on arrive, on réalise qu’on est vraiment seule. Les amis et la famille sont loin, on ne peut plus faire machine arrière. On se dit qu’on aimerait bien être auprès d’eux. J’ai eu une période où j’ai craint ne jamais rencontrer du monde, à ce moment-là on se dit qu’on va passer l’année toute seule. Dans une telle situation on se met à douter de tout, au final c’est de l’angoisse, ça passe rapidement, dès le premier jour de la pré-rentrée d’intégration. Ce jour-là tout le monde est nouveau, personne ne se connaît, et donc on va naturellement les uns vers les autres. Les liens se nouent facilement.»

Les universités au Danemark sont-elles différentes des nôtres ?

Erasmus Jeanne Sciences Po

« Les cours sont tous en anglais, ce qui m’a permis de voir une autre méthode. Au début j’y voyais beaucoup d’avantages mais je pense qu’il y a quand même des inconvénients. J’avais très peu d’heures de cours, seulement cinq heures par semaine ! Le reste du temps on s’ennuie un peu d’autant que les activités là-bas sont chères, c’est long même si l’on doit en parallèle bosser sur un gros projet que l’on rend à chaque fin de semaine. Par contre les professeurs sont beaucoup plus accessibles et proches des étudiants. On peut les appeler par leur prénom, on les tutoie. C’est une relation de proximité et plus amicale. On sent qu’ils ne sont pas là pour nous descendre contrairement à la France où certains sont là pour taper dessus et sont plus sévères. Leur comportement se répercute sur les étudiants danois : ils sont vachement à l’aise en cours, participent tout le temps, ne se moquent pas entre eux. On sent qu’il n’y a pas de jugement, je pense que c’est parce qu’ils sont habitués à interagir depuis tout petit. Ils savent que s’ils se trompent c’est pas grave.

En quelques mois j’ai fait plus de voyages que j’en avais fait dans toute ma vie !

Qu’as-tu pensé des Danois ?

« Ils sont gentils mais froids. Ils installent une distance, ce n’est pas facile de nouer des liens avec eux, c’est un petit regret. Ils sont assez fermés, c’est ce qui ressort dans l’idée générale du pays, ils sont fermés à l’immigration même s’ils sont tolérants pour beaucoup de choses, ils aiment rester entre eux. »

Ton plus mauvais souvenir ?

« La solitude des premiers jours. Quand je me suis retrouvée seule le premier soir dans la chambre de ma résidence. Je me suis dit que l’année allait être longue et pas facile. Au final j’ai l’impression que ça a duré deux mois ! »

Le meilleur ?

« Mon voyage en Laponie ! C’était un rêve, je ne pensais pas avoir les moyens d’y aller un jour, grâce à Erasmus j’ai pu le faire. »

Quel bilan fais-tu de ton année Erasmus ?

« J’ai rencontré des gens du monde entier, d’un point de vue humain, ça nous ouvre l’esprit, c’est très enrichissant. D’un point de vue culturel j’ai eu la possibilité de voyager un peu partout en Europe : à Berlin, en Laponie, Oslo, Helsinki, Lituanie grâce à l’organisme ESN (Erasmus Student Network) qui organise des voyages pas chers pour les étudiants Erasmus. En quelques mois j’ai fait plus de voyages que j’en avais fait dans toute ma vie ! »

Quels conseils pourrais-tu donner à un étudiant qui souhaite partir en Erasmus ?

« Il faut partir. Même pour ceux qui n’ont pas un niveau terrible en langues. Je peux comprendre que les gens timides soient sur la réserve, mais comme le but même d’Erasmus est de s’ouvrir au monde, tout est fait pour que l’on rencontre des gens. Il faut forcément s’ouvrir parce qu’on est seul dans un pays. On grandit tous après une expérience comme celle-là. Ça permet de faire une pause dans son cursus, personnellement ça m’a fait beaucoup de bien après deux années intensives à Sciences Po. J’ai le souvenir d’un garçon hyper timide, il ne parlait à personne au début. À la fin du séjour il était méconnaissable ! Il avait gagné en confiance en lui. »


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