La formation continue a fêté ses 40 ans

Qu’elle permette à certains de se réorienter ou à d’autres de renforcer leur cursus pour accéder à plus de responsabilités, la formation continue ne cesse d’être plébiscitée. 40 ans après sa mise en place, l’heure des changements a pourtant sonné.

formation continue

Demande de formation accrue pour les demandeurs d'emploi

Instaurée en 1971 par Jacques Delors, les dispositifs de formation continue ne cessent d’être plébiscités. Malgré un contexte de crise économique, la dépense nationale pour la formation professionnelle et l’apprentissage s’est élevée en 2009* à 31,3 milliards d’euros, soit 4,1 % de plus qu’en 2008. Une hausse certes moindre qu’en 2008 (+6,2%) mais rapporté à un PIB en baisse, ce chiffre progresse de 0,1 point pour atteindre 1,6% du PIB.

 

Un bilan plutôt positif malgré des disparités

En dressant un premier bilan globalement positif de la réforme amorcée depuis 2009 et des 40 années écoulées depuis la mise en place des dispositifs de  formation continue, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) vient de publier 24 propositions «prioritaires à toute évolution négociée du système de formation professionnelle». Quatre axes d’actions sont préconisés : tout d’abord mieux articuler la formation initiale et la formation continue, ensuite accroître l’efficacité et la qualité du système de formation professionnelle mais aussi faire de la formation un outil de sécurisation du parcours professionnel et enfin renforcer la gouvernance et le pilotage stratégique. Pour y parvenir, le CESE insiste sur «la nécessité de conforter la place centrale des partenaires sociaux tout en appelant à la responsabilité des pouvoirs publics pour assurer à chacun un égal accès à la formation professionnelle». Et d’égalité, il en est notamment question lorsque l’on évoque les disparités homme/femme. En 2009, parmi les cadres, 57 % des femmes ont suivi une formation contre 62 % des hommes, l’écart se creusant davantage chez les moins qualifiés. Les femmes bénéficient toujours un peu moins que les hommes de formations qualifiantes, les contraintes familiales freinant leur probabilité d’accès à la formation. Des propositions pour y remédier telles que le développement d’une offre de proximité ou l’indemnisation des frais de garde des enfants seraient à l’étude.

 

La nouvelle ère OPCA

Depuis la date du 1er janvier 2012, les agréments des OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés) ont changé de visage suite à une réforme impulsée par la loi du 24 novembre 2009. C’est donc un nouveau paysage qui a vu le jour, avec moins d’organismes et plus d’accompagnement ainsi qu’un encadrement des moyens financiers renforcé.
Désormais, les OPCA sont au nombre de 48 : ils se partagent entre 18 organismes nationaux de branches, deux organismes nationaux interprofessionnels et inter-branches (Agefos PME et OPCALIA) et 28 organismes gestionnaires du CIF (dont les Fongécif régionaux). Certains ont disparu faute d’avoir atteint le seuil des 100 millions d’euros de collecte : c’est le cas par exemple d’Opcalia Travaux publics ou d’OPCA Bâtiment, tandis que d’autres ont su tirer leur épingle du jeu et fédérer comme c’est le cas pour Uniformation (Opca économie sociale) ou Agefos PME, deux OPCA qui ont récupéré les branches des OPCA engloutis dans la réforme.
Pour fonctionner, chaque nouvel OPCA a signé avec l’État une Convention d’objectifs et de moyens (COM) qui fixe pour les trois prochaines années leurs missions et les moyens financiers existants. Une manière d’inviter chaque organisme paritaire à avoir une gestion claire et irréprochable pour plus d’efficacité ?

 

Un FPSPP centré sur les demandeurs d’emploi

Avec un budget prévisionnel de près de 526 millions d’euros, le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) est fortement axé cette année sur la qualification et la requalification des salariés et demandeurs d’emploi. Cette année, près de 80% du budget prévisionnel du FPSPP est en effet affecté à l’accompagnement et la formation des demandeurs d’emploi : 219 millions d’euros sont ainsi affectés aux dispositifs spécifiques tels que la préparation opérationnelle à l’emploi (POE) ou encore le Contrat de sécurisation des parcours (CSP). Les formations en chômage partiel sont néanmoins financées dans une moindre part par rapport à l’an dernier (35 millions contre 117 en 2011), tout comme les formations aux savoirs de base et de lutte contre illettrisme largement amputées par rapport à l’an dernier, avec seulement 5 millions d’euros de budget attribué. Reste également à savoir si le FPSPP, fragilisé par des ponctions récurrentes de l’État (600 000 millions ces deux dernières années) parviendra à rester à flot, malgré la contribution des entreprises attendue au début de l’été 2012.

 

* d’après une étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et statistiques de novembre 2011 – DARES Analyses – n°082



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