Le bâtiment dans le Nord – Pas de Calais – Picardie

le-batiment

Après plusieurs années difficiles, le bâtiment commence à sortir la tête de l’eau avec une reprise progressive de l’activité.

Une reprise amorcée

Les dernières années ont été marquées par une baisse généralisée de l’activité (estimée entre 1 et 2 % en 2014), les professionnels commencent enfin à voir le bout du tunnel avec une reprise timide mais constatée amorcée pour le début de l’année 2016. Cela permettra peut-être de faire oublier 2015, espérée comme l’année de la reprise et qui aura finalement été dans la lignée des exercices précédents avec un nouveau recul de 3 % de l’activité. « On sent que la situation est en train de s’améliorer, confirme Jean-François Gorre, délégué régional emploi et formation à la Fédération Française du Bâtiment. Du point de vue de la courbe de l’emploi, elle a arrêté de chuter si l’on fait la somme de l’intérim et des salariés. Or on sait que l’intérim anticipe une reprise d’activité. La courbe, qui n’arrêtait pas de chuter, devient plate. » Première bonne nouvelle donc. D’autres devraient suivre car « les carnets de commandes ont l’air d’aller un petit peu mieux ». Principalement au niveau de la rénovation. Car du côté du logement neuf, c’est un peu plus compliqué : le secteur subit encore les conséquences de la crise, l’année 2014 a été marquée par une diminution de 1,9 % avec des effectifs en chute (-10 %). Le marché du neuf reste le plus impacté notamment parce que les investissements des collectivités sont plus volatils et les marchés d’appels d’offres moins importants. Celui des particuliers s’en sort mieux même s’il continue de ressentir la frilosité des ménages, peu enclins à dépenser.

« On continue de recruter »

Malgré un contexte difficile le secteur du bâtiment et de la construction qui comprend maintenant un peu plus de 90 000 salariés avec la fusion des régions Nord – Pas de Calais et Picardie, reste un important pourvoyeur d’emplois. « On perd plus d’emplois qu’on n’en crée, mais on continue de recruter ! C’est le message qu’il faut faire passer aux jeunes… et aux moins jeunes. Quand on dit d’un secteur qu’il perd des emplois, cela ne veut pas dire qu’il arrête d’embaucher, précise Jean-François Gorre. Dans le secteur du bâtiment, même si l’on voit que le nombre de salariés continuer de baisser – de manière moins forte – on continuer de recruter, on a toujours des entreprises qui cherchent du personnel. » Tous les métiers sont concernés : couvreur ou menuisier pour les fonctions traditionnelles, technico commercial pour des postes transversaux, et enfin les bureaux d’études (bac+2/3 minimum). Sans oublier non plus l’intégration progressive du numérique qui nécessite de la main d’œuvre compétente capable de maîtriser les fondamentaux.

Du CAP à l’ingénieur, il y en a pour tous les goûts

La nouvelle région Nord Pas de Calais – Picardie compte 27 000 entreprises spécialisées dans la construction. La plupart sont des petites structures (Très Petites Entreprises, TPE) qui tentent leur chance sur un marché aux opportunités nouvelles. La question de la performance énergétique et plus globalement les normes, ont forcé les professionnels du bâtiment à s’adapter et à innover : « Les métiers n’ont pas changé, mais la façon de travailler oui. Un maçon reste un maçon, mais il va être amené à composer avec des matériaux et des technologies différentes, analyse Jean-François Gorre. Comme il y a moins d’argent, moins de chantiers, les effets de concurrence sont beaucoup plus forts, il y a donc la recherche de solutions technologiques pour diminuer les coûts de production. » Les entreprises créatives sont donc souvent celles qui s’en sortent le mieux et gare aux autres qui auraient manqué le virage énergétique, notamment sur le marché des particuliers où la mention RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) fait foi. Un professionnel qui n’est pas reconnu RGE peut aujourd’hui se voir refuser l’accès à un chantier par un particulier. Ces évolutions impactent également l’aspect formation: les nombreuses normes ainsi que les systèmes plus complexes des bâtiments nécessitent des expertises et donc plus de besoins en ingénieurs. « Le bâtiment embauche du CAP jusqu’au niveau ingénieur. » Il permet aussi de rebondir dans d’autres secteurs d’activité : « Statistiquement, quand on forme deux jeunes, on ne va en garder qu’un, le deuxième ira dans un autre secteur de métiers ».

 

Portrait

Théo, Apprenti en menuiserie

Parcours

Après un Bac S obtenu en 2008, Théo effectue un DUT génie civil. Au travers de plusieurs stages en entreprise, il décide de changer de cap : « Ce type de métier ne m’intéressait pas trop et travailler tout le temps dans le béton, ça ne me plaisait pas ». Un an plus tard, il décide alors de reprendre un CAP en menuiserie.

Métier

C’est au détour d’un chantier avec un ami charpentier que Théo se prend de passion pour la menuiserie. Ce qui lui plaît ? « Le fait de pouvoir tout créer de ses mains ». Le métier de menuisier demande de la réflexion pour concevoir, il ne s’agit pas uniquement de la fabrication : « Il y a la conception, la réalisation et la pose ». Mais surtout pas de routine. Tout varie selon la demande du client. « Il y a une plus grande diversité des activités dans une entreprise artisanale, ce qui n’est pas le cas dans les grandes entreprises où c’est beaucoup plus répétitif », affirme-t-il. En poste dans la petite entreprise « Lombart artisan » depuis trois ans, Théo voit son avenir dans la menuiserie mais probablement à son propre compte.

Conseils

« Les jeunes doivent trouver une entreprise qui leur correspond. Je recommande de travailler chez un artisan plutôt qu’au sein d’une grande entreprise. Ça nous donne la possibilité de faire plein de choses. »

 

 

 

En chiffres

• 0,9 % c’est l’estimation du redressement prévu pour l’année 2016 d’après la Fédération Française du Bâtiment (FFB)
• La nouvelle région compte 27 000 entreprises de construction. Plus de la moitié d’entre elles n’ont pas de salarié.
• 10 milliards d’euros c’est le chiffre d’affaires annuel réalisé en région

 

Plus d’infos . . . . . . . . . . .

www.nordpdc.ffbatiment.fr
www.pmebtp.com
www.batiactuemploi.com
www.performance-energetique.lebatiment.fr


On vous recommande

Laisser un commentaire

Veuillez compléter l'operation pour poster votre commentaire *

*champs obligatoires

Vos commentaires

  1. duquesne
    Le 30/10/2013

    Mon fils est en licence pro bâtiment et construction durable à Béthune et a déjà envoyé une vingtaine de CV et est allé rencontré des professionnels mais il n’a eu que des réponses négatives pour un contrat de professionnalisation ou un stage de 3 mois ou plus.
    Il faut savoir qu’il ne pourra pas valider son diplôme s’il ne trouve pas de stage.
    Cette année scolaire coûte cher car il doit se loger et se nourrir .
    Les stages devraient être prévus. Il y a encore un fossé trop important entre l’université et les entreprises.



  2. Carrière Btp
    Le 06/09/2013

    Votre article est très intéressant. Aujourd’hui, l’alternance se fait de plus en plus rare pour les étudiants. De plus en plus demandée, elle permet à l’étudiant de réaliser une mission de 1 ou 2 années au sein d’une entreprise. C’est une expérience très formatrice, fortement apprécié des entreprises. Un candidat diplômé avec un parcours en contrat professionnalisant à un profil plus expérimenté et intéressant pour un recruteur qu’un candidat avec un parcours classique et théorique.

    Très bonne continuation.