La santé et le sanitaire : Des emplois en Hauts-de-France

Santé

Malgré des problèmes de santé publique récurrents, la région veut rattraper son retard et compte sur les innovations pour anticiper et prévenir les maladies.

 

Un plan santé pour la population

Troisième région plus peuplée de France avec près de 6 millions d’habitants, les Hauts-de-France continuent de faire face à des difficultés socio-économiques. Le taux de chômage élevé (le plus important de France) et le faible niveau de vie d’une partie de la population se répercutent sur la qualité de vie des habitants. Mortalité prématurée élevée (avant 65 ans), espérance de vie à la naissance la plus faible de France malgré un taux de natalité supérieur à la moyenne nationale, diabète et risque d’AVC plus importants que sur le reste du territoire, la région affiche un sérieux retard dans beaucoup d’indicateurs. Ces difficultés sanitaires conjuguées à une précarité sociale qui n’est pas sans conséquences sur l’état de santé de la population, en font un enjeu majeur sinon prioritaire de développement pour les années à venir. L’Agence Régionale de Santé et le Conseil Régional travaillent ensemble à la création d’un plan régional de santé pour la population pour la période 2017-2021. Il faut dire que l’espérance de vie y est toujours nettement inférieure à la moyenne nationale : les hommes vivent en moyenne 75,4 ans dans les Hauts-de-France (contre 79,2 ans en France) et les femmes 82,8 ans (contre 85,4 sur le reste du territoire).

 

Un manque de spécialistes

Autre constat soulevé : le manque de spécialistes de type ophtalmologistes, radiologues, psychiatres, gynécologues, cardiologues, dermatologues pédiatres. Les besoins sont partout y compris dans le secteur du paramédical : avec le vieillissement de la population et l’accroissement des phénomènes de dépendance, le renforcement des compétences de service d’aide à la personne devrait grandir dans les années à venir, de quoi renforcer encore un peu plus l’offre d’emploi. Les études statistiques font état, du fait des nombreux départs en retraite dans les prochaines années, d’un besoin de renouvellement extrêmement important, avec un taux de renouvellement annuel d’environ 10 000 emplois. Parmi les métiers où l’on constate les plus fortes difficultés de recrutement figurent les aides soignants (médico psycho, auxiliaire puériculture).

 

Santé connectée

Si la santé sociale est confrontée à des difficultés, le secteur marchand se porte plutôt bien. Il est boosté par des entreprises ou start-up régionales et des mastodontes comme Bayer. L’industrie et les services de santé est repartie dans quatre segments : la biotechnologie – pharmacie – nutrition santé, le biomédical, les nouvelles technologies appliquées à la santé et les services spécialisés. « On est sur un secteur qui se porte bien, c’est un secteur qui crée de l’emploi tous les ans », observe Perrine Lespagnol, déléguée générale de Clubster Santé, le réseau des entreprises régionales et secrétaire général chez Eurasanté. Seul bémol, les difficultés rencontrées par beaucoup d’entreprises pour recruter : « Beaucoup de demandeurs d’emploi ou de salariés ne connaissent pas le secteur de la santé et ne pensent pas forcément à postuler, regrette-t-elle. C’est le cas pour les métiers qualifiés, on a par exemple souvent besoin d’une double compétence en santé et en marketing. » En novembre 2016, Eurasanté a ainsi lancé un « sprint de la créativité » dans le but de sensibiliser les jeunes aux métiers et aux filières de la santé pas uniquement réservés aux étudiants ayant fait médecine. Le secteur de la santé connectée par exemple avec les téléphones, montres, bracelets, vêtements etc. semble avoir de beaux jours devant lui. Grâce à des capteurs de mouvements, ces appareils récupèrent quantité d’information sur notre façon de manger, bouger, dormir, agir. Les données sont ensuite basculées vers un service web ou une application puis consultables à tous moments par le patient. Elles peuvent surtout être transmises au médecin traitant, une nouveauté qui devrait bouleverser le rapport traditionnel patient/médecin. « Via des plateformes d’orientation, de conseil et de consultation à distance, le patient pourra ne plus se déplacer pour de la bobologie et le médécin gagnera du temps. C’est aussi par la santé connectée qu’on répondra aux déserts médicaux et qu’on remplira un rôle de prévention en santé publique », explique observe Patrick Bacquaert, médecin à l’Institut de Recherche du Bien-Être de la Médecine et du Sport Santé (IRBMS).

 

Portrait

Samy, Ingénieur qualité en contrat pro à la clinique d’Abbeville

sammy

Parcours
« À la sortie du bac j’avais une vision archaïque de la santé. Pour moi, l’alternative était médecin ou infirmier. J’ai commencé une année de médecine mais j’ai dû renoncer car je suis tombé malade. J’ai alors intégré une licence à l’ILIS où j’ai découvert de nouvelles facettes du secteur. Mon stage de M1 dans une clinique réunionnaise a été un vrai succès et a débouché sur un contrat professionnalisant à Abbeville dans un établissement du même groupe ».

Métier
« Le but de mon métier est d’assurer la meilleure prise en charge possible des patients, notamment par l’évaluation des pratiques professionnelles au sein des établissements. Il s’agit de gérer les risques globaux, pas nécessairement liés aux soins. Cela peut aller des risques chirurgicaux jusqu’aux marches glissantes à l’entrée où les patients peuvent de se casser la figure. »

Conseils
« Pour devenir ingénieur qualité, il faut être polyvalent et ouvert d’esprit. Le métier nécessite la capacité à développer une vision globale de la clinique. On est amené à communiquer avec différentes instances : les infirmières, les médecins etc. et donc à faire preuve de diplomatie et de pédagogie. »

 

En chiffres

• Le secteur de la santé privé emploie 91 300 salariés dans la région, soit une densité de 15,2 emplois pour 1000 habitants, c’est un tout petit peu moins que la moyenne nationale (15,7).
• En Hauts-de-France, 115 000 agents de la fonction publique hospitalière travaillent dans des établissements sanitaires (hôpitaux) et médicaux sociaux.

Plus d’infos . . . . . . .

www.ars.nordpasdecalais.fr
www.eurasanté.com
www.clubstersante.com
www.santenpdc.org


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