Chargé de pharmacovigilance

Domaine d'activité : Médecine, odontologie, pharmacie, sage femme
La fonction

Mener l’enquête sur les médicaments, tel est le rôle du chargé de pharmacovigilance. Le chargé de pharmacovigilance doit identifier les effets indésirables des médicaments. Car, lorsque les molécules sont mises sur le marché, même si elles ont subi une évaluation clinique rigoureuse sur une cohorte de patients précis, certains effets peuvent se déclarer au contact de la population générale, plus hétérogène. Le chargé de pharmacovigilance peut exercer au sein des entreprises du médicament, ou dans les antennes régionales, 31 en France, 1 dans le Nord-Pas de Calais, deux personnes chargées de récupérer les signalements remontés par les praticiens. L’on estime à seulement 5% les incidents réellement signalés par les médecins. Une quarantaine de médicaments pose souci chaque année aux antennes régionales de pharmacovigilance, 2 à 3 médicaments retirés du marché. Dans les centres régionaux, comme dans les firmes, sont également délivrées de l’information sur le bon usage et une aide à la prescription des médicaments, pour les femmes enceintes, les personnes âgées, les enfants notamment, mais aussi pour éviter des interactions médicamenteuses malencontreuses. « Les praticiens nous appellent pour obtenir des conseils », décrit Sophie Gautier, chargée de pharmacovigilance dans l’antenne Nord-Pas de Calais. « Malheureusement, leurs cours sur la pharmacovigilance, souvent juste une heure dans le cursus, est un peu loin, et ils n’ont pas toujours le réflexe de nous demander conseil, ou de signaler, alors que cela permet d’affiner la prescription », regrette la pharmacienne.

La formation

Pour se former à l’exercice de ce métier, « il faut être pharmacien ou médecin. Le plus souvent, avoir fait l’internat, avec un DU complémentaire en pharmacologie. Ensuite, l’expérience fait le reste. Vous pouvez candidater sur des postes à pourvoir en industrie. Ou travailler en institution, soit en étant titulaire et en passant le concours de la fonction publique (praticien hospitalier en pharmacologie ou maître de conférence donnant des cours), soit en restant vacataire. Les étudiants en médecine choisissent peu la pharmacovigilance, car elle ne permet pas beaucoup de clinique », le contact avec le patient. Par contre, une frange d’étudiants en pharmacie s’oriente vers cette spécialité, un à deux étudiants par an décidant d’en faire leur métier, selon Sophie Gautier. Les qualités pour exercer ce métier ? « Aimer lire, et connaître son anglais,  il y a beaucoup de bibliographie et de littérature médicale. Être rigoureux et avoir un bon esprit de synthèse. »

La remunération

Salaire débutant : 3 080€

Les conseils

Le métier évolue, notamment sous l’influence de l’Europe. Pour informer les patients, il faut désormais attendre l’accord des instances européennes, cela peut prendre plusieurs années. Une démarche qui se complexifie, mais restera plus rapide si la mise en danger du patient est évidente. « Identifier le signal peut prendre du temps, il faut un faisceau d’éléments, plusieurs signalements, en France, Europe, dans le monde, puis mener une étude épidémiologique ». On ne peut s’empêcher de penser au Médiator : « les médecins ne signalaient pas les problèmes. Et quand nous en avons eu la notification, les autorités pensaient que cela ne remettait pas en cause le bénéfice/risque. Il a fallu attendre l’étude auprès de l’assurance maladie pour prouver que ce médicament était dangereux et entrainait des problèmes cardio-vasculaires. » Et de conclure : « les labos peuvent aussi se retourner contre nous, et demander des preuves que leur médicament est bien le responsable. Un côté politique entre également en jeu. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament prendra la décision de communiquer sur le médicament, une fois réuni un faisceau d’arguments. C’est comme en justice : vous n’accusez pas quelqu’un parce qu’il est là au mauvais moment : il faut des preuves que c’est lui le coupable ! »

A voir également

CHARGÉ DE PHARMACOVIGILANCE

Mener l’enquête sur les médicaments, tel est le rôle du chargé de pharmacovigilance.

Missions

Le chargé de pharmacovigilance doit identifier les effets indésirables des médicaments. Car, lorsque les molécules sont mises sur le marché, même si elles ont subi une évaluation clinique rigoureuse sur une cohorte de patients précis, certains effets peuvent se déclarer au contact de la population générale, plus hétérogène. Le chargé de pharmacovigilance peut exercer au sein des entreprises du médicament, ou dans les antennes régionales, 31 en France, 1 dans le Nord-Pas de Calais, deux personnes chargées de récupérer les signalements remontés par les praticiens. L’on estime à seulement 5% les incidents réellement signalés par les médecins. Une quarantaine de médicaments pose souci chaque année aux antennes régionales de pharmacovigilance, 2 à 3 médicaments retirés du marché. Dans les centres régionaux, comme dans les firmes, sont également délivrées de l’information sur le bon usage et une aide à la prescription des médicaments, pour les femmes enceintes, les personnes âgées, les enfants notamment, mais aussi pour éviter des interactions médicamenteuses malencontreuses. « Les praticiens nous appellent pour obtenir des conseils », décrit Sophie Gautier, chargée de pharmacovigilance dans l’antenne Nord-Pas de Calais. « Malheureusement, leurs cours sur la pharmacovigilance, souvent juste une heure dans le cursus, est un peu loin, et ils n’ont pas toujours le réflexe de nous demander conseil, ou de signaler, alors que cela permet d’affiner la prescription », regrette la pharmacienne.

Formations

Pour se former à l’exercice de ce métier, « il faut être pharmacien ou médecin. Le plus souvent, avoir fait l’internat, avec un DU complémentaire en pharmacologie. Ensuite, l’expérience fait le reste. Vous pouvez candidater sur des postes à pourvoir en industrie. Ou travailler en institution, soit en étant titulaire et en passant le concours de la fonction publique (praticien hospitalier en pharmacologie ou maître de conférence donnant des cours), soit en restant vacataire. Les étudiants en médecine choisissent peu la pharmacovigilance, car elle ne permet pas beaucoup de clinique », le contact avec le patient. Par contre, une frange d’étudiants en pharmacie s’oriente vers cette spécialité, un à deux étudiants par an décidant d’en faire leur métier, selon Sophie Gautier.

Qualités nécessaires

Les qualités pour exercer ce métier ? « Aimer lire, et connaître son anglais,  il y a beaucoup de bibliographie et de littérature médicale. Être rigoureux et avoir un bon esprit de synthèse. »

Évolutions

Le métier évolue, notamment sous l’influence de l’Europe. Pour informer les patients, il faut désormais attendre l’accord des instances européennes, cela peut prendre plusieurs années. Une démarche qui se complexifie, mais restera plus rapide si la mise en danger du patient est évidente. « Identifier le signal peut prendre du temps, il faut un faisceau d’éléments, plusieurs signalements, en France, Europe, dans le monde, puis mener une étude épidémiologique ». On ne peut s’empêcher de penser au Médiator : « les médecins ne signalaient pas les problèmes. Et quand nous en avons eu la notification, les autorités pensaient que cela ne remettait pas en cause le bénéfice/risque. Il a fallu attendre l’étude auprès de l’assurance maladie pour prouver que ce médicament était dangereux et entrainait des problèmes cardio-vasculaires. » Et de conclure : « les labos peuvent aussi se retourner contre nous, et demander des preuves que leur médicament est bien le responsable. Un côté politique entre également en jeu. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament prendra la décision de communiquer sur le médicament, une fois réuni un faisceau d’arguments. C’est comme en justice : vous n’accusez pas quelqu’un parce qu’il est là au mauvais moment : il faut des preuves que c’est lui le coupable ! »

S. Morelli


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