Une école d’ingénieurs après un bac ES, c’est possible !

Devenir ingénieur reste majoritairement une voie dédiée aux bacs S. Mais les formations se destinant aux autres bacheliers se développent. Si vous êtes issus de la filière ES, option maths, vous avez vos chances d’intégrer certaines écoles. Tour d’horizon des formations de la région qui débouchent sur un diplôme d’ingénieur.

Étudiant ingénieur

Vous êtes issus d’un bac ES, option maths, et vous souhaiteriez devenir ingénieur ? Sachez que toutes les portes ne vous sont pas fermées. Au contraire !

Certes, « c’est très rare que des ES candidatent dans notre école d’ingénieurs, note Nicolas Waldhoff, responsable du recrutement à l’EIL Côte d’Opale. Mais pourquoi pas ! À condition, bien sûr, d’avoir un solide dossier, de très bonnes notes en maths et un bon niveau en langue. Après, si la motivation est là et le projet établi, nous pouvons en accepter. »

Une majorité d’écoles vous diront non immédiatement. En cause, un niveau en mathématiques trop élevé pour que vous puissiez vous épanouir. D’autres, par contre, font le pari de diversifier les profils au sein de leurs formations en proposant des cursus dans lesquels les bacs ES, option maths, peuvent se raccrocher au wagon de l’ingénierie.

HEI, pionnière en la matière

L’école HEI (Hautes études d’ingénieur) de Lille a créé en 2014 (l’une des premières à le faire), une « Prépa remise à niveau » en deux ans, destinée aux bacs ES, option maths. Cette formation est axée uniquement sur les matières scientifiques (mathématiques, physique, chimie, sciences de l’ingénieur, informatique) au premier semestre. L’équivalent de « maths sup ». En seconde partie d’année, s’intégreront des cours de langues vivantes, sciences humaines et sport. Si les résultats sont bons en fin d’année, l’étudiant pourra rejoindre la deuxième année de prépa intégrée (maths spé) en vue de poursuivre dans un cycle d’ingénieur en trois ans. « C’est une classe particulière où la pédagogie est adaptée aux bacs ES et STI2D, définit Jean-Philippe Loecks, directeur des classes prépa. Sur la trentaine d’élèves qui compose la promotion, un tiers est issu d’ES. Nous les recrutons sur dossier uniquement, il n’y a plus d’entretiens de motivation. Il faut avoir de bonnes notes dans les matières scientifiques et, dans un second temps, nous regardons les résultats en langues vivantes. »

L’ICAM ouvre ses portes aussi

L’Institut catholique des arts et métiers (ICAM) compte, depuis septembre 2018, un « parcours ouvert ». L’objectif de ce cursus est « de diversifier les profils, avec des bacheliers ES, L ou autres, pour amener différentes façons de penser et développer la créativité », définit Anne Flautre, directrice des études. Ce « parcours ouvert » s’articule autour d’une première année de préparation pour « renforcer les connaissances et développer les bases ». Les étudiants intègrent ensuite un cycle d’ingénieurs en trois ans. « La spécificité, c’est qu’en deuxième année, les élèves partent sur l’un de nos trois sites à l’étranger (Cameroun, Inde ou Brésil) et passent une année complète là-bas, avec des cours dispensés en anglais. En troisième année, ils ont la possibilité de prolonger à l’étranger ou de revenir en France, mais avec des cours toujours en anglais. » Le cycle bouclé, les étudiants reviennent dans la formation classique d’ingénieurs (en 4e puis 5e année), soit par le parcours intégré (en continu) soit par le parcours apprentissage (en alternance). À la fin du cursus, en six ans donc, les élèves obtiendront le diplôme d’ingénieurs généralistes.

UniLaSalle, dès la rentrée 2019

Dès la rentrée 2019, UniLaSalle Beauvais va ouvrir ses cursus d’ingénieurs aux autres bacheliers (hors Scientifiques), et notamment les ES, option maths. « Nous n’en prenions pas avant. Mais nous avons fusionné il y a quelques années avec le campus de Rouen qui eux en prenaient, et estimaient qu’ils avaient des profils intéressants », avance Régine Desselle, chargée de l’orientation et des admissions à UniLaSalle Beauvais. Cette nouveauté sera intégrée à la plateforme Parcoursup, visible à partir du 20 décembre 2018. « Pour être admis, il faut avoir un très bon niveau en mathématiques, souligne la chargée des admissions. Il y aura une présélection sur dossier puis un entretien de motivation. Le but est de vérifier que le candidat ne se trompe pas de voie et comprenne bien ce que sont les métiers d’ingénieurs. »

Un cursus intégré à l’UTC

Depuis 2012, l’Université technologique de Compiègne a lancé un cursus intégré, « Humanité et technologie », accueillant divers bacheliers dont les ES. « C’est une formation qui entend créer une synergie entre les sciences humaines et l’ingénierie, résume Nicolas Salzmann, responsable du cursus. Les ES représentent autour de 10 à 15% de nos effectifs. Ce sont souvent des lycéens qui hésitaient entre les trois bacs généralistes. Nous regardons leur dossier, la moyenne générale doit être élevée avec un bon niveau en sciences économiques, en français, en langues, en maths. Nous recherchons des profils complets et surtout une motivation éclairée, avec un projet précis. » Cette formation mène vers un diplôme d’établissement (non reconnu par l’État) qui ouvre les portes d’une poursuite d’études en formation d’ingénieurs de niveau bac +5.

Une alternative aux classes prépa

Créée par Yncrea Hauts-de-France (l’association qui regroupe les écoles d’ingénieur HEI, ISA et ISEN Lille), la formation Adimaker se définit comme une alternative aux classes préparatoires scientifiques classiques. Son slogan, « osez sortir des cases pour devenir ingénieur(e) », s’affirme comme une ouverture vers les bacheliers ES, STI2D et STL. L’état d’esprit insufflé au sein de cette formation s’appuie sur le « learning by doing » (apprendre en faisant). « Nous proposons des projets qui parlent à cette génération. Concevoir une voiture télécommandée, réaliser un jeu vidéo… Nous les accompagnons et s’ils éprouvent des difficultés, nous déclenchons les enseignements théoriques pour les aider à les surmonter », précise Axel Flament, le directeur d’études. Le débouché naturel après Adimaker est l’intégration en troisième année d’école d’ingénieur à HEI, ISA ou ISEN Lille. La formation s’élève à 6000 euros l’année (avec possibilité de bourses en fonction des critères).

La réforme des baccalauréats en 2020

Les bacs S sont encore privilégiés en école d’ingénieurs. Cependant, avec la prochaine réforme du baccalauréat et la suppression des séries (S, ES, L…), se pose la question du recrutement des futurs candidats. Nous en saurons plus à partir de la rentrée 2020, lorsque la réforme entrera en vigueur.


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