Interview : Luc Doublet Président du jury des Trophées de la Formation 2016

Luc-DoubletChef d’entreprise, juge puis conseiller régional, ce touche-à-tout est devenu le porte-drapeau de la réussite nordiste à l’international. Ce «vieux sage», comme il se définit lui-même, préside pour la deuxième fois les Trophées de la Formation.

 

Quel a été votre parcours universitaire et professionnel ?

«J’ai fait des études à peu près tranquilles à la Catho et à l’Université, une licence de sciences économiques puis un doctorat. Je suis rentré dans l’entreprise de mes parents en 1969, j’ai fait toute ma carrière chez Doublet (leader mondial dans la fabrication de drapeaux). J’avais un chemin tout tracé. J’ai réformé un tas de trucs, puis à partir de 30 ans je me suis impliqué de façon sociétale. J’ai d’abord été élu juge au tribunal de commerce, je crois que j’étais à l’époque le plus jeune juge de France, j’y suis resté 14 ans. Je me suis ensuite lancé dans la politique, ça m’intéressait, j’avais envie de voir ce que c’était, j’ai été conseiller régional  pendant 14-15 ans. J’essaie de rendre un peu ce que les autres m’ont donné.»

 

C’est la raison pour laquelle vous avez accepté d’être une deuxième fois président du jury ?

«J’avais dit à ma femme que je n’accepterai plus rien, parce que je suis trop vieux pour ça… Je pense que les vieux c’est comme le soleil d’hiver, ça éclaire mais ça ne chauffe plus. Ce n’est pas moi qui ai dit ça, c’est Montaigne, mais je pense qu’il avait raison. Dans cette formule, ce qui est bien c’est qu’on peut malgré tout éclairer la route, c’est ce qui m’a poussé à accepter une seconde fois. Même si on ne chauffe plus on peut essayer d’être un peu comme le vieux sage sous un baobab, de façon à faire avancer les individus.»

 

La formation professionnelle tout au long de la vie c’est pourtant un sujet qui vous parle ?

«La formation continue permet de constamment se poser des questions. Je pense que c’est un réducteur d’incertitude. Cette réduction vient de la connaissance : si vous répétez toujours le même geste, finalement, peut–être qu’un jour celui-ci va disparaître, et vous avec.»

 

Vous incitez donc les salariés de Doublet à se former régulièrement ?

«C’est très important. Dans notre métier lié à l’événementiel, tout se remet en jeu constamment. Nous sommes quelquefois à l’avant-garde des changements technologiques ce qui nous oblige à nous poser des questions, tout le temps. C’est pour cela qu’on est obligé de se former au cours de sa vie, moi y compris. Je pense que la formation continue, c’est très bien, mais elle ne doit pas uniquement être faite de façon égoïste, il faut la faire partager aussi.»


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