Quelles études pour devenir orthophoniste ?

Plus confidentielles mais tout aussi difficiles que la médecine, les études d’orthophonie sont parmi les plus sélectives. Comme pour la PACES, un numerus clausus a été mis en place, celui-ci n’accepte que 841 étudiants chaque année parmi des milliers de candidatures.

Quelles études pour devenir orthophoniste ?

Les études d’orthophonie sont encadrées par un numerus clausus

Chaque année, il faut jouer des coudes pour espérer intégrer l’une des 19 écoles d’orthophonie recensées en France. Elles sont les seules à délivrer le Certificat de capacité d’orthophoniste (CCO), indispensable pour exercer en tant qu’orthophoniste. Comme en médecine, les études d’orthophonie – qui sont passées de quatre à cinq années post-bac depuis septembre 2013 – sont régies par un numerus clausus fixé chaque année par arrêté ministériel. Celui-ci détermine région par région le nombre d’étudiants admis en première année en fonction des besoins. Il est de 841 places pour toute la France avec 120 places allouées pour la région Hauts-de-France : 90 à l’Université de Lille Droit et Santé, 30 à l’Université de Picardie Jules Verne d’Amiens.

Voici la liste des principales écoles d’orthophonie en France (retrouvez le détail complet du numerus clausus ici) :

  • Paris-VI (120 places)
  • Lyon-I (100 places)
  • Lille (90 places)
  • Tours (48 places)
  • Nantes (45 places)
  • Université de Lorraine (40 places)

Un examen d’entrée pour la première année

Collé à la faculté de médecine Henri-Warembourg, le département d’orthophonie Gabriel Decroix de l’Université de Lille est l’un des plus grands établissements de formation du pays : il accueille chaque année en première année des étudiants soigneusement sélectionnés. Car contrairement aux écoles de commerce ou d’ingénieurs, il n’y a pas de concours communs mais une « épreuve d’aptitudes » propre à chacun des 19 centres.

 

Les épreuves à réussir pour étudier en orthophonie ?

Les modalités varient mais la plupart des écoles proposent deux épreuves :

  • Une première épreuve écrite avec des QCM de grammaire, orthographe, des test de maîtrise de la langue française, des questions de culture générale et scientifique. On insiste beaucoup sur la maîtrise de la langue française, sur la logique, le raisonnement, certaines écoles proposent même des explications de textes.
  • Si l’étudiant valide la première partie il est reçu pour la deuxième partie, l’épreuve orale : « On évalue la façon de s’exprimer, sa capacité de réflexion, s’il a une voix posée, claire. Il faut que le candidat ait une personnalité équilibrée », explique l’école d’orthophonie de Lille.

 

Comment intégrer une école d’orthophonie ?

À Lille, pour l’épreuve d’aptitudes 2016, ils étaient 2 200 inscrits pour seulement 90 places. Les candidats viennent de toute la France et n’hésitent pas à postuler dans plusieurs établissements : « Bon nombre présentent entre deux et sept concours », estime Corinne Adamkiewicz, la responsable pédagogique du département d’orthophonie d’Amiens qui reçoit en moyenne 1 500 candidats par an.

J’ai passé sept concours dans le grand Ouest dont Lille et Amiens. En voyant la difficulté que j’avais à répondre aux questions, j’ai compris que je n’étais pas assez préparée

C’est ce qui s’est produit pour Camille, étudiante originaire de Bretagne : « J’ai passé sept concours dans le grand Ouest dont Lille et Amiens. En voyant la difficulté que j’avais à répondre aux questions, j’ai compris que je n’étais pas assez préparée. J’avais révisé à fond les annales mais j’avais en plus de cela le bac à préparer et les autres candidats autour de moi avaient au minimum un à deux ans de prépa. »

Seulement 5 à 10 % réussissent l’examen d’entrée, alors pour multiplier les chances, il est préférable de ne pas tenter le concours en post-bac. Beaucoup d’étudiants choisissent en effet une prépa privée en un an, bien souvent couplée d’un cursus universitaire : licence LEA, Science du langage, Science de l’éducation. Concernant les prérequis : le seul diplôme demandé est le baccalauréat. Si toutes les séries sont admissibles, la grande majorité des candidats qui réussissent l’examen d’entrée sont titulaires d’un bac S ou ES.

 

Quel programme pour les études ?

Depuis septembre 2013, les études pour devenir orthophoniste durent cinq ans (au lieu de quatre) avec l’obtention du grade de master. Elles mélangent enseignement théorique et clinique. Les deux premières années sont très lourdes avec beaucoup de matières indigestes (statistiques, physique, sciences biomédicales, neurologie, psychiatrie, ORL, sciences de l’éducation, du langage) mais « fondamentales pour la profession », rappellent plusieurs établissements. À partir de la troisième année, les étudiants s’orientent vers des matières plus professionnelles.

Pour faire valider un diplôme obtenu en Belgique, les étudiants doivent effectuer plusieurs dizaines d’heures de stage avant de pouvoir exercer

 

Étudier en Belgique : un vrai plan B

Pour les candidats qui auraient échoué à l’épreuve d’aptitudes, il reste néanmoins un espoir : partir en Belgique. Là-bas, on ne parle pas d’études d’orthophonie mais de logopédie, la formation ne dure pas cinq ans mais trois ans, et l’admission pour les étudiants étrangers non résidents ne se fait pas sur concours… mais par tirage au sort ! Beaucoup de déçus du système (très) sélectif français ont tenté l’expérience : « J’ai rencontré plusieurs orthophonistes qui venaient de la Haute École de Liège. Je ne me suis pas posée la question », se souvient Camille qui n’avait pas les moyens de payer une prépa privée entre 2 000 et 3 500 euros l’année, soit deux fois plus que les trois ans de frais de scolarité d’une Haute École en Belgique (entre 250 et 300 euros par an).

La première année est très intensive, rythmée par les cours théoriques, ensuite, les étudiants sont en stage deux jours par semaine en 2e année, puis trois en 3e. Seul bémol, l’équivalence du diplôme : comme les études ne durent que trois ans en Belgique, les étudiants français qui souhaitent travailler en France doivent effectuer plusieurs dizaines d’heures de stage pour voir leur diplôme reconnu et exercer.


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