Nouvelle loi sur les stages : résumé de vos droits

Depuis septembre 2014, la loi sur l’encadrement des stages donne de nouveaux droits aux stagiaires.

 

Augmentation de la rémunération des stages de plus de deux mois

Une des principales dispositions de la nouvelle loi porte sur l’augmentation de la rémunération des stagiaires. Pour les stages supérieurs à deux mois, l’indemnité fixée jusqu’ici à 436€ passe à 554,4€. Cette gratification est exonérée d’impôt sur le revenu. Les stagiaires peuvent également bénéficier des tickets restaurant, du remboursement de la moitié des frais de transport… et même des jours de repos ou autorisations d’absence comme les autres salariés. Le stage ne pourra pas excéder six mois (sauf dérogation). Il pourrait y avoir une limite du nombre de stagiaires accueillis en même temps mais sur ce sujet les décrets ne sont pas parus. Si la loi relative à l’encadrement des stages vous protège, n’oubliez pas que vous avez aussi des devoirs quant à votre mission. En signant la convention, vous vous engagez à réaliser les tâches qui vous sont confiées. Il faut faire preuve d’humilité, vous êtes là pour apprendre, mais aussi pour être actif et impliqué. Demandez du travail, proposez votre aide, posez des questions et soyez ouvert. Votre stage n’en sera que plus intéressant et formateur !

 

100 000 stages abusifs

Généralisé dans le secondaire et dans le supérieur, le nombre de stages a explosé ces dernières années, passant de 600 000 en 2006 à 1,6 million en 2012. Véritable opportunité pour décrocher un premier job, certains stagiaires fournissent un travail équivalent à celui d’un salarié sans en avoir pour autant la rémunération ou les droits. Si cette loi a pour but d’éviter les abus en entreprise, cela ne va pas faciliter la recherche de stages des étudiants. Le stage est cependant un outil de formation indispensable avant l’entrée sur le marché du travail, mais il y aurait des excés. «On estime aujourd’hui à 100 000 le nombre de stages abusifs. Ces pratiques peuvent favoriser le gel d’embauches et entraînent aussi la précarisation des jeunes qui enchaînent les stages» déplore Chaynesse Khirouni, députée PS à l’initiative de la loi.

 

Comment faire un stage à l’étranger ?

La notion de stage est très différente d’un pays à l’autre. La France est le pays européen où ils sont le mieux encadrés. Au Royaume-Uni, par exemple, le stage n’a aucune définition légale. Il en existe plusieurs types : les «internship programs» (stages d’été),  les «work placement» (missions spécifiques intégrées au cursus universitaire) et les «graduate programs» (stages de fin d’études). Seul ce dernier donne droit à un salaire minimum. En Allemagne, il n’existe pas de salaire minimum comme en France pour les salariés. Par conséquent, si vous envisagez d’effectuer un stage Outre-Rhin, sachez qu’aucune indemnisation minimum n’est pas obligatoire. L’élaboration d’un cadre de qualité pour les stages au sein de l’Union européenne devrait cependant voir le jour à l’horizon 2020.

 

 

Portrait :

Marie, 21 ans master1 métier de la rédaction à Lille 3

Pour Marie, cette loi va dans le bon sens. «Je suis originaire de Colmar, pour étudier à Lille, j’ai dû opter pour un logement étudiant. Si vous ajoutez à cela, d’autres postes de dépenses comme l’alimentation et les frais de transport, les fins de mois deviennent vite difficiles pour une étudiante non boursière». Elle ajoute : «Bien souvent, les stagiaires fournissent plus ou moins la même quantité de travail qu’un autre salarié, cette gratification est une reconnaissance de cet investissement.» Cependant Marie craint que cette mesure rende à terme, encore plus difficile la recherche d’un stage.

 

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