Étranger : des étudiants français privés de bourses

Un retard dans les versements n’est jamais une bonne nouvelle, surtout lorsqu’on étudie à l’étranger. Voilà pourtant le sort de certains étudiants français qui ont eu la mauvaise surprise de constater qu’ils ne percevaient plus leur Aide à la Mobilité Internationale (AMI) depuis plusieurs mois. Le témoignage de l’un d’entre eux atteste de l’extrême précarité de la situation :

A ce jour, les étudiants n'ont toujours pas touché leur bourse

A ce jour, les étudiants n'ont toujours pas touché leur bourse

« Début décembre 2011, j’ai reçu un email de la part de l’Université d’Artois m’indiquant que les bourses de décembre 2011 et janvier 2012 ne seraient perçues qu’au maximum début février 2012. Nous sommes aujourd’hui le 19 février 2012 et je n’ai perçu aucun revenu ».

« Cette accumulation de difficultés m’a mis dans la situation où je ne peux payer mon loyer du mois en cours et me retrouve dans une situation proche de l’expulsion ».

« Mon organisation bancaire m’a accordée un découvert pensant tout comme moi que l’argent promis parviendrait en temps voulu, cette solution arrive à échéance le 29 février 2012, si mon compte n’est pas repassé créditeur à cette date, des poursuites seront engagées à mon encontre ».

Joint peu de temps après, Monsieur Soucheyre, responsable de la division de la vie étudiante au CROUS de Lille n’a pas démenti les faits mais a tenu à apporter quelques précisions : « L’AMI, est un crédit ministériel spécifique, une aide accordée par l’Etat et non par le CROUS. Qui plus est, celle-ci est un complément aux bourses sur critères sociaux. Ce sont les établissements d’enseignements supérieurs qui prennent les décisions d’attribution. Dans ce cas, nous ne sommes qu’un intermédiaire ».

Un avis nuancé par Yannis Karamanos, vice-président du service international de l’Université d’Artois : « Il est vrai que ce sont aux universités de donner le feu vert au CROUS  mais avant cela, le Ministère doit d’abord valider les délégations. Or, ceci n’a pas été fait à temps. Voilà la raison des retards. À noter que la situation n’est pas propre à cette université puisque tous les établissements d’enseignement supérieur concernés sont dans le même cas. Cela permet au Ministère de faire des économies, », a t-il ajouté avec ironie.

De son côté, le Ministère de l’Enseignement Supérieur s’est défendu en indiquant de manière lapidaire que : « Les délégations avaient été faites aux universités et que les CROUS étaient en mesure de payer ».

Pour éviter que la situation ne s’envenime, le CROUS a mis en place un dispositif d’urgence : « Nous avons débloqué des aides dans le cadre du Fond national d’aide d’urgence » (FNAU), explique Monsieur Soucheyre. Pour en bénéficier, les étudiants en question ou leurs parents doivent prendre rendez-vous avec une assistante sociale afin de constituer un dossier. Le délai de versement du premier acompte ne doit pas prendre plus d’une semaine. Selon le responsable, la situation devrait se rétablir dans les prochains jours.

Aurélien Savart



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