Des étudiants de l’ISEN ont programmé un robot capable de distraire les enfants à l’hôpital

 

Elisabeth et Adrien sont étudiants à l'ISEN. Tous deux ont travaillé sur le robot Nao.

Elisabeth et Adrien sont étudiants à l’ISEN. Tous deux ont travaillé sur le robot Nao.

Les étudiants de l’école d’ingénieurs ISEN ont mis au point un programme pour le robot Nao, humanoïde de 5 kilos. Leur objectif, en collaboration avec le service de pédiatrie de l’hôpital de Saint-Vincent-de-Paul, est de distraire l’enfant pendant les soins. Trois phases de tests ont déjà été réalisées.

Les yeux sont grands ouverts et les mines interrogées. Ce jeudi, dans la salle d’attente du service de pédiatrie de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, les jeunes patients ont fait la rencontre de Nao, un robot de 58 cm et d’un poids avoisinant les 5 kilos. NAO est un humanoïde entièrement programmable. Il a été mis au point par trois étudiants de l‘ISEN. “L”hôpital nous a proposé ce projet”, indique Elisabeth Leprêtre, 23 ans, étudiante de quatrième année. La jeune femme se dit ravie de travailler sur un projet à visée concrète.

“Le robot Nao est en capacité de danser, chanter, raconter des histoires…”, assure Adrien Di Giampietro, 21 ans, étudiant de quatrième année, qui a également travaillé sur le projet. L’humanoïde a déjà été testé trois fois au sein du service de pédiatrie de l’hôpital. Pour l’activer, un petit carton avec une forme inscrite sur celui-ci est passée devant ses yeux. Sur le modèle d’un QR code, le robot va pratiquer l’activité qui lui est demandé.

Dans la pratique, le modèle séduit. La distraction fonctionne mais Nao doit s’adapter à son public. “Pour les enfants de moins de trois ans, Nao peut retenir leur attention qu’une quinzaine de minutes maximum”, assure le praticien coordinateur-chef de service de pédiatrie, Nicolas Kalach. Pour les enfants de trois ans à six ans, il sera demandé au robot de raconter par exemple des histoires. Le plus efficace pour capter l’attention des plus jeunes sera la danse ou le chant.

Adapter Nao en fonction des situations

Le praticien reste pragmatique. Les différents programmes de Nao devront s’adapter aux différentes situations et types de soins. “On a trois activités qu’on peut développer avec Nao, explique le professeur Nicolas Kalach. D’abord l’accueil des parents et de leurs enfants, l’activité pendant les soins douloureux et l’activité en salle d’attente.” Pour ces trois activités, les applications de Nao devront se distinguer : “Pendant les soins douloureux, on ne demandera pas à Nao de danser ou de chanter. C’est dérangeant pour les personnels, c’est dérangeant pour les enfants”, explique Nicolas Kalach. Ces activités seront à privilégier pour les moments d’attente.

Autre point à définir : la sécurité. “Il ne faut pas que les enfants se coincent le doigt dans les articulations de Nao. C’est un paramètre indispensable à régler”, explique le professeur Kalach. Une fois tous ces réglages effectués, le professeur est convaincu que Nao trouvera toute sa place à l’hôpital. “D’autres services le réclament”, sourit-il. 

Cependant son prix risque d’être un frein pour le démocratiser dans les services hospitaliers : Nao coûte 20 000 euros. Si l’hôpital et l’ISEN ont pu en dispenser, c’est grâce à la BNP Paribas et la Fondation de la Catho dont le partenariat remonte à novembre 2017, inscrit lors de l’opération “Les Aces du Coeur” durant la Finale de la dernière Coupe Davis.

Pour l’heure Nao devrait rejoindre l’ISEN où des étudiants de troisièmes année doivent prendre le relais pour continuer les mises au point du petit humanoïde.


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