Climat tendu pour le premier jour des partiels à la faculté de droit de l’université de Lille

lille2-09-04-18

Après plusieurs semaines de tensions à la faculté de droit, le climat ne s’est pas amélioré. Lundi, premier jour de partiels du second semestre, un face à face tendu a opposé étudiants, cheminots et CRS. Plusieurs enseignants-chercheurs mobilisés ont appelé à ne pas participer à la tenue des examens. Les étudiants s’inquiètent de l’organisation de leurs partiels et de leurs possibles annulations.

La semaine des partiels à la faculté de droit s’est ouverte dans une ambiance tendue. Ce lundi, pour le premier jour des examens, de nombreux cars de CRS ont été dépêchés tout autour de l’établissement. La veille, un collectif d’enseignants grévistes de l’université de Lille avait appelé à ne pas participer à la tenue des examens. Parmi leurs revendications : « Restrictions indues d’accès à l’Université et aux bibliothèques, délocalisations des enseignements, difficultés prévisibles de transport, présence policière anxiogène, violences d’extrême droite sur les campus : le contexte actuel ne permet pas la tenue des examens dans des conditions sereines pour les étudiant.es. »

« J’espère que les partiels ne seront pas annulés »

Entre ras-le-bol et compréhension, les étudiants de la faculté de droit sont partagés. Amine a 21 ans et est en deuxième année de droit. Le jeune homme décrit le climat « délétère » qui s’est installé au sein de l’université. Selon lui, « la présence policière du jour n’est pas adaptée à la situation ». Amine espère que les examens ne seront pas annulés : « Je travaille à côté. Ce serait très compliqué pour moi de repasser les examens. » 

« Mon examen a commencé avec vingt minutes de retard »

Benjamin, lui, a 19 ans. Ce jeune blond aux lunettes rondes étudie en première année de science politique. Son premier partiel a commencé avec vingt minutes de retard. « Notre enseignante a expliqué avant l’examen pourquoi elle se mobilisait, indique-t-il. C’est le personnel administratif qui a finalement géré la surveillance de l’examen. » Même si toutes ces mobilisations perturbent sa semaine d’examens, l’étudiant se dit solidaire des enseignants grévistes.

CRS contre étudiants

En fin de matinée lundi, la tension est montée d’un cran. Plusieurs dizaines de cheminots grévistes sont venus gonfler les rangs des étudiants et enseignants. Les CRS se sont alors déployés à l’entrée de l’établissement, place Déliot à Lille. Après quelques minutes de face à face tendu, les CRS ont chargé plusieurs manifestants et fait usage de gaz lacrymogène. La foule a alors rapidement été dispersée. Après ces échanges musclés, plusieurs étudiants ont souhaité le report des examens : « On ne peut travailler dans ces conditions », ont lancé plusieurs d’entre eux. 

Nous n’avons pas réussi à joindre le service communication de la faculté de droit en dépit de nos nombreux appels. Mais lundi après-midi, au standard de l’établissement, on assurait la bonne tenue des examens.

Les blocages d’universités se multiplient dans le pays

Le site Pierre-Mendès France de l’université Tolbiac est bloqué. Une enquête a été ouverte après la découverte d’engins explosifs au sein de l’établissement. La mobilisation a pris forme aussi à Paris 8 (Saint-Denis). La faculté de Nanterre affiche portes closes. Même scénario pour l’université de Rennes 2 et Toulouse à l’université Jean-Jaurès. Le « Patio » de l’Université de Strasbourg est bloqué par plusieurs étudiants depuis lundi matin.


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