La grogne des enseignants-chercheurs de Lille contre la réforme de l’entrée à l’université

conférence presse

Des enseignants-chercheurs de l’Université de Lille ont tenu une conférence de presse à la faculté de droit. Ils ne veulent pas participer aux commissions de classement des dossiers des lycéens. Ils dénoncent un “système qui se veut égalitaire mais qui ne l’est pas”. Se considérant comme des lanceurs d’alerte, ils sont persuadés que la nouvelle plateforme d’admission post-bac est une combinaison d’incertitudes qui risque de mettre à mal cette rentrée scolaire.

A l’Université de Lille, la grogne monte. Les enseignants-chercheurs s’opposant à la réforme gouvernementale d’entrée à l’Université ont organisé une conférence de presse jeudi dernier. Tous refusent de participer aux commissions de classement des dossiers des lycéens prévues dans la nouvelle plateforme d’admission post-bac Parcoursup.

Plusieurs sections refusent de “classer les dossiers des lycéens”

Ainsi les sections de l’espagnol, du japonais, de la sociologie, de l’anthropologie, de l’information-communication, des sciences politiques et de la culture ne classeront aucun des dossiers reçus. Cela correspond à 25% des souhaits envoyés dans la région.

“Nous sommes profondément inquiets pour les étudiants et pour la jeunesse. Et il nous a semblé important de le partager. En tant que lanceurs d’alerte, l’enjeu pour nous c’est de nous adresser aux lycéens, à leurs parents, mais aussi d’interpeller nos collègues qui sont nombreux à être inquiets”, a assuré Thomas Alam, enseignant-chercheur.

Pour lui, la loi est “trompeuse” dans sa promesse d’un accès pour tous à l’université. Il est même allé jusqu’à comparer la plateforme à une immense “gare de triage”. Pour cause : “Huit millions de vœux pour 640 000 places, et 12 000 formations en France. Au niveau des départements, prenons l’exemple de la science politique, à l’Université de Lille. C’est plus de 2 500 voyageurs potentiels, pour 580 places. Pour l’ensemble des voyageurs, c’est l’incertitude, pourront-ils partir, quand ? et pour quelle destination et potentiellement vers une destination qu’ils n’auront même pas choisi. Et c’est à nous enseignants-chercheurs, de réaliser ce travail d’aiguillage, de tri” a-t-il continué.

Les enseignants-chercheurs dénoncent un manque de temps

Pour Thomas Alam et les autres enseignants-chercheurs présents ce jeudi, tous se demandent comment ils vont pouvoir prendre en compte la motivation des étudiants dans la mesure où les voeux ne sont plus hiérarchisés. Les professeurs mettent également en cause le temps qui leur est imparti pour procéder à l’examen des dossiers : “Par exemple le département anglais de l’Université de Lille a reçu 2 400 dossiers à raison de dix minutes par dossier, cela représente 24 000 minutes, soit 400 heures de travail. 400 heures de travail. Du temps en moins pour la recherche, pour l’enseignement ou pour les responsabilités administratives, qui sont nombreuses”, poursuit Thomas Alam.

La réponse de Lynne Franjié, vice-présidente de la formation à l’Université de Lille :

“Le classement sera fait par les équipes pédagogiques et selon leurs critères. Ils mettront le poids sur ce qu’ils veulent mettre en avant. C’est vrai je reconnais qu’il s’agit d’une nouvelle tâche pour les enseignants-chercheurs. Il faut intégrer cette nouvelle mission, surtout qu’on reçoit des milliers de dossiers. De plus nous composons avec un calendrier serré. Après sur la faisabilité des choses, tout est question d’organisation. On peut fonctionner par groupes. Il est évident que cette réforme peut susciter des inquiétudes. Les sections qui refusent de procéder au classement des dossiers représentent 10% des formations. C’est un changement de culture. Avant le tri se faisait en première année. Ce modèle n’était plus tenable. Il faut mieux accompagner les lycéens à l’entrée à l’université. Et que les lycéens se rassurent, on répondra à tous les candidats le 22 mai prochain.


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