Études de médecine : des réformes à venir pour la PACES

Alors que le gouvernement veut instaurer des prérequis pour l’entrée à l’université, les facultés de médecine pourraient, dans un futur très proche, subir quelques aménagements. La PACES (première année commune aux études de santé) est en première ligne. Principale nouveauté qui pourrait voir le jour : la fin du redoublement en première année de médecine.

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PACES : le redoublement remplacé par un oral ?

Pendant que les universités entament leur révolution pour la mise en place de prérequis, les facultés de médecine, qui ont toujours été considérées comme à part du fait du numerus clausus, s’activent pour modifier leur fonctionnement.

La principale mesure concernerait la PACES avec la fin du redoublement pour les étudiants qui auraient échoué au concours en mai. Actuellement, un étudiant qui a loupé le concours de première année de médecine a le droit de retenter sa chance si son classement ne le fait pas figurer au-delà de 2,5 fois le numerus clausus de sa fac. Mais cela ne sera peut-être plus possible.

C’est en tout cas ce qui ressort de la dernière réunion mensuelle des doyens qui s’est tenue avec des conseillers ministériels. À la place du redoublement, des oraux pourraient être instaurés dans la foulée du concours en fin de première année selon le schéma suivant : 80% des places du numerus clausus seraient attribuées lors du concours du mois de mai, les 20% restantes le seraient par un oral avec trois fois plus de candidtas que d’admis (ex : 60 candidats à l’oral pour 20 places).

À la faculté de médecine de l’Université catholique de Lille, nous allons garder le système actuel avec le redoublement

Les contours de cette réforme sont encore à définir, d’autant qu’il ressort de cette dernière réunion que les universités devraient avoir le choix. Certaines choisiront le redoublement comme c’est le cas actuellement, d’autres le système d’oral. « Il pourrait ne plus y avoir de redoublement, mais la notion qui a été transmise c’est que ça ne serait pas obligatoire pour les facultés de médecine », assure Patrick Hautecoeur, le doyen la faculté de Médecine et Maïeutique de l’Université catholique de Lille. « Comme nous sommes à part dans le système puisque nous procédons déjà à une présélection pour l’entrée en PACES, nous allons garder le système actuel avec le redoublement. Les étudiants referont une deuxième année, avec plus de maturité et plus de chances. »

L’alter PACES

L’autre solution pour les étudiants serait alors de se tourner vers l’alter PACES, une alternative expérimentée dans plusieurs universités françaises qui permet via une licence universitaire d’intégrer la deuxième année de médecine sans passer par la PACES. Actuellement, les étudiants passent devant un jury lequel valide ou non leur passage en 2e année de médecine. À l’avenir c’est un concours qui pourrait être instauré en L2 ou L3 en Sciences, Biologie, Droit, voire même Économie à condition que l’étudiant ait suivi des UE de santé.

Comme la majorité des facultés de médecine risquent de choisir le non redoublement, il y a de fortes chances pour l’alter PACES soit mis en place dans quasiment tous les établissements.

L’ECNi, c’est le pire des systèmes mais on n’en a pas trouvé de mieux

Quand ces réformes vont-elles entrer en vigueur ?

À l’heure actuelle il ne s’agit que de projets même s’il y a de très fortes chances pour que le redoublement en PACES soit remplacé par un oral. Reste à savoir quand tout cela verra le jour. A priori pas pour la prochaine rentrée universitaire. Focalisé sur le dossier chaud des prérequis à l’université, le gouvernement pourrait faire voter cette réforme de la PACES dans un an, donc au plus tôt pour la rentrée 2019.

Mais le système des oraux pourrait d’ores et déjà être testé à l’Université de Paris Pierre et Marie Curie en 2018-2019. Plus grande faculté de médecine de France, il n’est pas à exclure que la faculté Henri Warembourg de Lille teste elle aussi les oraux.

Quid des ECNi ?

Autre dossier chaud, la réforme des ECNi (épreuve classantes nationales) qui interviennent à la fin de la 6e année, juste avant l’internat de médecine. Avec le système actuel, le risque est grand, à terme, de n’avoir plus aucune demande des étudiants pour la médecine générale. « L’ECNi, c’est le pire des systèmes mais on n’en a pas trouvé de mieux », ironise Patrick Hautecoeur. Si réforme il y a, celle-ci ne devrait pas entrer en vigueur avant une bonne dizaine d’années.


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