Résultats PACES : dans les coulisses de la faculté de médecine de Lille 2

Sur les 3 000 étudiants inscrits en première année de médecine à Lille 2, seuls 792 passent le cap de la PACES à cause du numerus clausus imposé. On est allé rencontrer les étudiants lors de la proclamation des résultats, le 2 juin, où figuraient beaucoup d’appelés mais malheureusement peu d’élus. Ambiance.

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L’écueil de la PACES

Des milliers d’heures de révision passées à la BU, dans sa chambre ou dans les transports, des week-ends sacrifiés, une année entière dévouée aux études pour en arriver là : à ce vendredi 2 juin 2017 où, sur un tableau, figure une décision qui va peut-être changer le destin d’une carrière professionnelle. Tous veulent passer l’écueil de cette Première année commune aux études de santé, si particulière mais pourtant indispensable pour continuer à espérer travailler dans la médecine. Même s’ils peuvent découvrir leur admissibilité sur internet une heure plus tard, beaucoup d’étudiants sont rassemblés dans le hall principal de la Faculté de médecine de Lille 2. « À 12 h, ils ont accès depuis leur compte personnel à leurs résultats, mais la plupart viennent ici. Je préfère qu’ils viennent », soutient Didier Gosset, le doyen de la faculté de médecine Henri Warembourg.

Objectif : redoubler

Il est 11 h, les étudiants attendent leur tour. Dans quelques minutes, ils sauront si oui ou non ils pourront continuer leur rêve de devenir un jour médecin, dentiste, chirurgien, kiné, ophtalmo etc. Ils avancent par sas comme pour le début d’un marathon, il s’agit de leur propre marathon en réalité, lancé au sprint début septembre et terminé sur les rotules, huit mois plus tard : « L’adaptation à la PACES a été dure. On passe du lycée où on est très entourés, à la fac, il faut être bien organisé et se responsabiliser », confie Adrien quelques minutes avant d’apprendre qu’il a été admis en deuxième année. « Je termine 352e sur le tronc commun mais 317e sur la spécialité médecine générale, c’est ce qui compte pour moi. »

Réussir du premier coup est pratiquement impossible

Victorien et Quentin, ses deux camarades qui l’accompagnaient, n’ont pas eu la même chance, mais ils ont gagné le droit de redoubler pour refaire une deuxième première année à la rentrée. C’est l’une des spécificités des études de médecine, la seule filière où l’on peut ouvertement être content de redoubler son année. « Redoubler, c’est une seconde chance. Réussir du premier coup est pratiquement impossible », expliquent Noémie et Faustine qui ont traversé leur année ensemble après avoir noué des liens dans leur résidence universitaire, à Wattignies. Une vraie « seconde chance » en effet quand ont sait qu’à peine 16 % des néo-bacheliers réussissent le concours en fin de première année de médecine.

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Un autre étudiant ne pourra pas redoubler, il termine à cinq places des « admis » pour refaire une PACES. Cruel, mais impossible de contourner la loi rappelle le doyen. Son seul espoir sera de valider une première année de licence universitaire scientifique (biologie) avec certains UE bien précis, pour ensuite retenter sa chance en première année. Peut-être choisira-t-il la Belgique, comme beaucoup d’étudiants français de médecine installés de l’autre côté de la frontière.

Il y a aussi le classement que je vais avoir et qui me permettra de choisir mon stage d’un mois cet été

Assis par terre, à l’entrée du hall de la faculté de médecine, Antoine (19 ans), casque de musique vissé sur les oreilles semble imperturbable. Il attend calmement l’arrivée de son père pour aller découvrir ses résultats qui devraient conforter ceux du premier semestre : « Je suis arrivé 76e en décembre, je ne pense pas avoir raté le 2e semestre, ni loupé d’épreuves donc je pars plutôt confiant même si c’est toujours compliqué de donner un pronostic. Après, il y a aussi le classement que je vais avoir et qui me permettra de choisir mon stage d’un mois cet été. Le premier a le droit de choisir où, quand et dans quelle spécialité il veut faire son stage. »

À une place près du numerus clausus

Dans tous les cas sa situation était plus confortable qu’Elie (vidéo ci-dessus), ce lillois de 20 ans qui termine 458e en médecine générale où le numerus clausus est de… 458. Ouf ! « Je ne suis pas loin de la fin mais je suis dedans ! Je suis à dix places de la fin.» Grâce à une subtilité du règlement dû à la présence de neuf étudiants étrangers hors Union Européenne, ce qui libère automatiquement des places supplémentaires.

On pense qu’on va tout dézinguer en redoublant, mais la deuxième année est encore plus difficile

« L’an passé j’aurais été le dernier pris. J’étais carré cette année (doublant), et c’était encore plus difficile ! On pense qu’on va tout dézinguer en redoublant, mais il faut gérer le stress, le moral, la pression, les cours changent. L’objectif est accompli. C’est un souhait qu’on a depuis deux ans, on visualise la fin et là, c’est un aboutissement. Je vais fêter ça ! » Comme les 791 autres étudiants – toutes spécialités confondues – de la faculté de médecine de Lille 2 qui ont franchi PACES. Les moins malheureux repartiront de la ligne de départ pour une nouvelle première année en septembre, pour tous les autres, il faudra se réorienter.


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