L’entrepreneuriat féminin à l’honneur à l’Université de Lille 3

Au lendemain de la journée internationale du droit des femmes, l’entrepreneuriat féminin est à l’honneur à l’Université de Lille 3. Des créatrices d’entreprise témoignent puis deux tables rondes s’enchaînent l’après-midi.

Entreprenariat au féminin

Inégalité et stéréotypes

Selon l’INSEE, seules 28% des entreprises créées en 2014 dans la Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie l’ont été par des femmes. À ce taux bas s’ajoute des disparités selon les secteurs d’activités considérés. Ainsi les femmes entrepreneures sont-elles surreprésentées dans la vente ou la santé, par exemple, alors qu’elles sont presque absentes dans d’autres milieux. Ces inégalités sont entretenues par l’école.

Mohammed est l’un des hommes présents dans l’assemblée. Thésard en sciences de l’éducation, il étudie le dispositif des mini entreprises mis en place dans les lycées pour permettre aux élèves de créer leur boite « pour du faux ». Pour lui, un vrai travail de pédagogie doit être réalisé : « Il arrive que les enseignants contribuent aux stéréotypes de genre sans même s’en rendre compte », explique-t-il.

Julie Deville, directrice du Département sciences de l’éducation, ne dirait pas autre chose. Elle rappelait plus tôt l’importance de l’inconscient dans la transmission des stéréotypes : « Il y a une différence entre ce que l’on pense faire et ce que l’on fait ». Et d’insister sur les interactions quotidiennes qui entretiennent les représentations : « À l’école, les filles lèvent la main tandis que les garçons, eux, prennent souvent spontanément la parole ». La notation ou l’orientation des élèves peuvent aussi être l’objet d’un traitement différencié entre garçons et filles.

Innovation : « Un déficit énorme de femme »

Les sciences et techniques font parti des milieux les moins investis par les femmes. Sophie Tison, Vice-Présidente Innovation, partenariat et valorisation à l’Université de Lille 1 dresse le constat d’un « déficit énorme » de femmes dans ce domaine dont les femmes souffrent d’une « mauvaise image ». Au Cré’innov (incubateur d’entreprise de l’université de Lille 1), 8% des projets d’entreprise seulement sont portés par des femmes : « Nous avons un besoin urgent d’ambassadrices du numérique », alerte-t-elle.

Nous avons un besoin urgent d’ambassadrices du numérique

Il n’y a pas d’égalité non plus face à la levée de fonds. En moyenne, les femmes entament leur projet avec un portefeuille de 70 000 euros, alors que pour un projet similaire un homme réunira 150 000 euros. Ces éléments ne semblent pas entamer le moral d’Annie, étudiante de 23 ans en M2 Info-com à Roubaix : « J’ai un projet d’entreprise avec des filles de ma classe, raconte-t-elle. Nous voudrions surfer sur la vague des box livrées à domicile tout en favorisant les circuits cours et l’artisanat local ».

S’informer avant de se lancer

La plupart des étudiantes présentes ce jour-là en sont encore au stade de la réflexion. Pour les hommes comme pour les femmes, entreprendre n’est pas facile et demande la maturation des idées. Annie refuse d’être fataliste : « Ce n’est pas vrai qu’il et plus difficile d’entreprendre en étant une femme ». Les tables rondes ont permis de mettre en lumière les dispositifs établis pour faciliter l’accès des femmes à l’entrepreneuriat, comme le Fonds de garantie à l’initiative des femmes (FGIF), ou le mentorat.


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