Lycée/collège : trouver un stage d’observation

L’association Elles bougent lance une plateforme web gratuite mettant en relation collégiennes/lycéennes et entreprises de secteurs industriels et technologiques innovants, pour le fameux stage d’initiation, encore trop souvent choisi par défaut dans les relations des parents. Ce que déplore Marie-Sophie Pawlak, présidente-fondatrice d’Elles bougent : « ce stage d’observation n’est pas anodin dans l’orientation des jeunes, alors – je l’ai vécu avec mes enfants – qu’il n’est pas évident de trouver une place ! » La plateforme propose trois cent cinquante offres pour l’instant, sur toute la France, dans des secteurs scientifiques et techniques, auxquelles les jeunes filles peuvent candidater, « pour aller voir à quoi ça ressemble, mesurer la dimension internationale, les évolutions de carrière, découvrir la panoplie, l’immensité des métiers accessibles avec le diplôme d’ingénieur… » Au-delà du budget plus important consacré aux études des garçons qu’à celles des filles, Marie-Sophie Pawlak constate une orientation, inconsciente, différente pour les filles, « des études menant moins loin, on leur dit de privilégier ce qui leur plait », et les garçons, « poussés vers des cursus synonymes de belles carrières ». Pour la présidente d’Elles bougent, « il faut tenir les deux discours aux filles comme aux garçons, les pousser au maximum mais en veillant à trouver un métier dans lequel ils s’épanouissent ! » Elle constate un frémissement en ce sens, « ce discours devient plus clair, entre dans la tête des jeunes, de leurs parents, des prescripteurs, les jeunes se mettent moins de barrières. La création d’un ministère du droit des femmes accélère ce phénomène, le discours devient la normalité, et pas une sorte de revendication du MLF… » Le site va se voir étoffé au fil du temps, « nous devons convaincre nos partenaires qu’ils investissent ainsi dans l’avenir. Un outil parmi d’autres, qui fera boule de neige ! »

Devenir ingénieure

Marie-Sophie Pawlak sait de quoi elle parle : ingénieure de formation, elle a exercé quinze années dans l’industrie. D’abord dans le service produits d’entretien (sic), on lui propose ensuite de rejoindre le département automobile, « un poste passionnant ! Il n’y a pas de job plutôt féminin ou masculin, mais le métier d’ingénieur ! » Elle rejoint ensuite des écoles pour former ces futurs techniciens, et va à la rencontre des DRH pour connaître leurs besoins d’embauche de jeunes diplômés, surprise : plutôt qu’une demande en termes techniques, on lui demande plus de filles ingénieur ! « Plusieurs entreprises du CAC 40 me font cette demande. En général, nous pensons, de façon plus ou moins consciente, que les trains, les avions, les voitures, le nucléaire, ce n’est pas pour nous, et l’on se dirige plus vers la grande distribution, l’esthétique… » Pour lutter contre ces stéréotypes, montrer aux filles les belles carrières qui se profilent, mais aussi répondre aux entreprises qui aspirent à plus de mixité dans leurs rangs, « source d’équilibre, de performance, d’ambiance de travail meilleure », elle crée Elles bougent, en décembre 2005. « Cette nana travaillant sur des drones chez Dassault, celle-ci sur des éoliennes, c’est passionnant pour ces jeunes filles » : plus de soixante-dix partenaires industriels et établissements d’enseignement supérieur, une centaine de lycées et collèges, deux cents événements annuels dans toute la France : « nous créons la rencontre entre les jeunes filles et des ingénieur(e)s en postes, pour présenter ce métier, lever des stéréotypes – non mesdemoiselles, vous ne serez pas en bleu de travail ! -, montrer les belles carrières ! »

S. Morelli

 


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